|
La succession |
Répartition
de la succession
en l'absence de testament |
La
répartition selon le code civil se fait par ordre
et par degré.
Ce
qui signifie qu'on vérifie d'abord qu'il n'existe aucune personne
dans un ordre avant de passer à l'ordre suivant, dans un même ordre,
le degré le plus proche prime le degré suivant. A degré égal la
répartition se fait par tête.
LES
ORDRES SUCCESSORAUX
Qu'est-ce qu'un
ordre successoral ?
Il
s'agit d'un groupe de personnes habiles à se porter héritiers d'une
autre. Ce groupe est déterminé en fonction des liens familiaux avec
le défunt. Il existe 6 ordres de successibles, chaque ordre exclu
les personnes figurant dans l'ordre suivant.
Quel
est l'ordre des successibles ?
Le 1er ordre
les descendants
Le 2ème ordre
les ascendants privilégiés (les pères et mères)et
les collatéraux privilégiés. (les frères et sœurs et leurs descendants)
Le 3ème ordre
tous les ascendants
Le 4ème ordre
conjoint survivant
Le 5ème ordre
les collatéraux ordinaires : tous les autres parents
et cousins jusqu'au 6ème degré dans chaque branche
Le 6ème ordre
l'Etat
LES
DEGRES SUCCESSORAUX
A quoi servent les degrés ?
Ils servent à déterminer si une personne peut être appelée à la
succession d'une autre. En effet à moins que le défunt soit un mineur
de moins de 16 ans ou un incapable, la dévolution s'arrête au 6ème
degré. En ce qui concerne les incapables, il est possible de leur
succéder jusqu'au 12ème degré.
Comment calculer les degrés ?
En ligne directe (ascendants/ descendants)
le degré se calcule en comptant le nombre de générations séparant
le défunt de la personne appelée à sa succession. Ainsi entre un
père et un fils il y a 1 degré entre un grand-père et son petit-fils
2 degrés et ainsi de suite.Par contre en ligne collatérale, il faut
compter le nombre de personne séparant le défunt de la personne
en remontant à l'ascendant commun. Ainsi un frère et une sœur sont
séparés par 2 degrés. Un oncle et son neveu par 3 degrés ; des cousins
germains sont donc séparés par 4 degrés...
LIGNES, BRANCHES, FENTE
Qu'est-ce
qu'une ligne ou une branche ?
Il s'agit de tous les membres de votre famille
reliés à vous par un de vos parents, c'est pourquoi on parle de
ligne (branche) paternelle ou maternelle.
Qu'est-ce que la fente ?
Il s'agit d'un mécanisme juridique qui permet
à la succession de se répartir entre les lignes maternelle et paternelle.La
fente s'effectue toujours dans les 3ème et 5ème ordre, mais il arrive
qu'on y recoure aussi dans l'ordre n°2 quand tous les frères et
sœurs ne sont pas du même lit.
On parle alors de frères utérins (par la mère), de frères consanguins
par le père ou de frères germains (même père et même mère). La moitié
de la succession est alors dévolue à la branche maternelle et l'autre
moitié à la branche paternelle. Les frères germains prennent part
dans les deux branches
Si
je meurs avant mes parents, mes enfants seront-il appelés à leurs
successions ?
Oui
Soit vous êtes enfant unique, et vos enfants
seront appelés à la succession en qualité de descendants au degré
le plus proche.
Soit vous avez des frères et sœurs et vos enfants seront appelés
à la succession en même temps que leurs oncles et tantes par représentation.
Vos enfants vont donc gagner un degré et prendre votre place dans
la succession de vos parents. Ils ne pourront cependant recevoir
que ce que vous auriez vous-même reçu, si vous n'étiez pas pré-décédé.
Ils se partageront donc vos droits dans la succession de vos auteurs.
Pour
en savoir plus...
La représentation est une dérogation à la règle
selon laquelle dans un même ordre le degré le plus proche exclu
le degré suivant. Il s'agit d'une fiction juridique qui a vocation
à restaurer l'ordre logique des décès. On dit alors que la répartition
se fait par souche et non plus par tête.Ainsi
si vous avez 2 enfants et que vous avez un frère ; vos enfants recevront
donc 1/4 chacun dans la succession de vos parents, c'est à dire
votre part (la 1/2) divisée par le nombre de vos enfants et votre
frère recevra l'autre 1/2.
La représentation n'existe que dans le premier et le deuxième ordre
car elle a pour unique vocation de restaurer l'ordre normal des
décès quand l'application des règles du code civil créerait de choquantes
inégalités.
Si
mon frère et moi décédons avant un de nos parents, comment se répartira
sa succession ?
Là encore, tout va dépendre si vous avez
laissé ou non des descendants, si tel est le cas la succession de
vos parents se fera par souche et non par tête, afin de recréer
ce qui se serait passé dans vos patrimoines respectifs si l'ordre
normal des décès avait été respecté.
Ainsi
si vous avez eu 2 enfants et votre frère 1 seul, vos enfants se
répartiront la part qui aurait dû vous revenir (la 1/2) soit 1/4
pour chacun et l'enfant de votre frère prendra la part qui lui serait
revenu dans la succession de vos parents, soit l'autre 1/2.
On parle de souche lorsque la succession d'un ascendant se répartit
en fonction du nombre d'enfants vivants ou représentés.
Je
n'ai pas d'enfant, qui hérite de mes biens ?
L'ordre n°2 est alors appelé à la succession. Ce qui signifie
que chacun de vos parents hérite d'1/4 de vos biens et vos frères
et sœurs ou leur descendant se partageront l'autre 1/2 de votre
patrimoine.S'il ne vous reste qu'un seul parent, ce dernier recevra
1/4 et les collatéraux privilégiés 3/4. Si vous n'avez pas de frères
et sœurs ou de neveux, la succession se partage entre la ligne maternelle
et la ligne paternelle, d'abord entre les ascendants (ordre n°3).
En l'absence d'un ascendant dans une de ces lignes votre conjoint
(ordre n°4) recueille les biens qui auraient dû être attribués à
cette branche (la 1/2). Votre conjoint est également appelé à votre
succession si vous n'avez aucun ascendant. Il recueille alors la
totalité de votre patrimoine.Et, si vous n'êtes pas ou plus mariés,
vos cousins dans chaque branche, les collatéraux ordinaires (ordre
n°5) se partageront vos biens.
Dans chaque branche le degré le plus proche hérite. Ainsi des cousins
au 4ème degré peuvent être appelés dans la ligne paternelle, alors
que seul un cousin au 6ème degré est présent dans la branche maternelle.
Chaque branche recueille la 1/2 du patrimoine du défunt et les héritiers
au degré le plus proche se répartissent les biens par tête.
Et
mon conjoint quels sont ses droits ?
Le conjoint survivant est le mal aimé de notre droit successoral,
ses droits ab intestat sont très restreints et il n'est pas un héritier
réservataire. Ce qui signifie que vous pouvez décider de ne rien
lui laisser.
Si vous n'avez rien prévu, il ne reçoit que :
le 1/4 en usufruit en présence de descendants
la 1/2 en usufruit en présence d'ascendants et / ou de collatéraux
privilégiés dans les deux lignes
la 1/2 en pleine propriété en présence d'ascendants dans une seule
ligne
Il ne prime en réalité que le 5ème et le 6ème ordre. En leur présence
il reçoit la totalité de votre patrimoine en pleine propriété.
Si vous êtes marié sous le régime légal (communauté réduite aux
acquêts) ou sous un autre régime communautaire, l'application des
règles des régimes matrimoniaux réserve une partie du patrimoine
commun à votre conjoint. (La moitié en régime de communauté légale).
Il reçoit alors la 1/2 du patrimoine commun plus 1/4 ou la 1/2 de
vos biens en usufruit.
En revanche, si vous êtes mariés sous un régime de séparation de
biens ou de participation aux acquêts votre conjoint n'aura que
les droits visés plus haut.
Il vous appartient alors, si vous souhaitez le protéger, de prendre
vos dispositions, soit par testament ou donation, soit en adaptant
votre régime matrimonial.
Quand vous procédez à des donations ou à des libéralités par testament,
vous devez savoir que l'usufruit dont votre conjoint peut disposer,
ne peut s'exercer sur ces biens.
Ce qui signifie que si votre patrimoine vaut 100 au jour de votre
décès l'usufruit de votre conjoint s'exerce théoriquement sur 25.
Mais si vous avez légué un bien qui vaut 50 et un bien qui vaut
40 son usufruit ne pourra s'exercer en réalité que sur ce qui reste
càd 100 -(50+40) = 10
Existe-t-il
une différence entre les filiations légitime et naturelle ?
Non, depuis 1972 il n'existe plus aucune différence entre les filiations
légitimes, adoptives ou les filiations naturelles, en ce qui concerne
les vocations successorales.
La seule exception à ce principe d'égalité des filiations, concerne
les enfants dont l'auteur se trouvait au moment de leur conception
dans les liens du mariage. C'est à dire ce que le code appelait
autrefois les enfants adultérins.
Toutefois, les droits de ces enfants sont réduits s'ils sont en
concours avec les enfants issus du mariage au cours duquel l'adultère
s'est produit. Leurs droits sont également réduits s'ils sont en
concours avec le conjoint victime de cet adultère.
Dans tous les autres cas leurs droits sont strictement identiques
à ceux des autres enfants.
Comment
les droits successoraux de l'enfant adultérin sont-il réduits ?
- En présence d'enfants issus du mariage au cours duquel l'adultère
s'est produit, leurs droits sont de la moitié de ce à quoi ils auraient
eu droit si tous les enfants y compris eux-mêmes avaient été légitimes.
Leur réserve héréditaire est également réduite de la même façon.
(la 1/2 de la réserve d'un enfant légitime). De plus vous ne pouvez
rectifier cette inégalité en leur donnant la quotité disponible,
car le Code Civil vous interdit de leur donner plus que ce qu'ils
auraient reçu ab intestat. Le 1 février 2000 la France a été condamnée
par la COUR EUROPEENNE DES DROITS DE L'HOMME en raison de la discrimination
opérée par le code civil français entre enfants légitimes et adultérins
en raison de leur filiation.
La cour a considéré que la réduction des droits de l'enfant adultérin
n'était pas conforme à la convention européenne de sauvegarde des
droits de l'Homme, la discrimination opérée n'étant pas proportionnée
au but à atteindre : la protection de la famille légitime.
A ce jour le texte du code civil n'est toujours pas modifié, et
a donc toujours vocation à s'appliquer.
Mais les Juges du fond (TGI de Montpellier) ont effectué une application
directe de la convention européenne qui, comme tous les traités
internationaux, a une force supérieure à la loi selon l'article
55 de la Constitution de 1958. Mais rien ne permet d'affirmer qu'à
ce jour d'autres juridictions auront une approche similaire.
Un texte abrogeant cette discrimination a néanmoins été adopté en
1ère lecture à l'assemblée nationale, et est en discussion au sénat.
A suivre.
- En présence du conjoint victime de l'adultère, il convient d'examiner
les droits du conjoint en l'absence de cet enfant.
Si le conjoint survivant avait eu des droits en pleine propriété,
il reçoit la moitié de ce qu'il aurait dû recevoir. Tout le reste
revenant à l'enfant adultérin.
Si le conjoint survivant n'avait des droits qu'en usufruit il prend
ce qu'il aurait dû recevoir en usufruit, l'enfant recevant le reste.
Quelles
sont les conséquences de l'acceptation d'une succession ?
L'acceptation
d'une succession, si elle est pure et simple, emporte la confusion
de votre patrimoine avec celui du défunt. Ce qui signifie que votre
actif s'accroît de l'actif successoral, mais également que votre
passif est augmenté du passif du défunt.
Vous êtes donc indéfiniment tenu des dettes du défunt sur votre
propre patrimoine, même si les dettes excèdent l'actif successoral.
Si vous avez accepté une succession, vous ne pouvez plus y renoncer
par la suite.
Vous devez donc être très vigilant avant de faire un acte d'héritier
sur le patrimoine du défunt. En effet, ce type d'acte implique une
acceptation tacite de la succession.
Pour
en savoir plus...
Sont considérés comme des actes d'héritiers :
-la vente d'objets appartenant à l'actif successoral
-donner congé à un locataire
-appréhender des biens successoraux.
Dans ce dernier cas, si vous "oubliez" d'en parler à vos
cohéritiers, il s'agit d'un recel successoral, sanctionné en plus
de l'acceptation pure et simple par la privation de tout droit sur
le bien appréhendé.
Suis-je
obligé d'accepter une succession ?
Non.
- La renonciation
En contrepartie de l'obligation indéfinie aux dettes du défunt,
le code civil vous laisse toujours la possibilité de renoncer à
une succession (vous ne recevrez rien et vous ne devrez rien payer).
Pour cela vous devez faire une déclaration au greffe du Tribunal
de grande instance du lieu d'ouverture de la succession. (lieu du
dernier domicile du défunt).Il est toujours possible de revenir
sur une renonciation, si personne d'autre n'a accepté la succession
entre temps.
- L'acceptation sous bénéfice d'inventaire
Vous pouvez également accepter sous bénéfice d'inventaire si vous
avez des doutes sur l'étendue des dettes du défunt.
Vous acceptez alors la succession, mais vous ne serez tenu des dettes
du défunt que dans la limite de l'actif successoral ("des forces
de la succession").
Vous avez alors 3 mois à compter du décès pour faire inventaire,
et 40 jours pour prendre parti. Avant l'expiration de ce délai,
nul ne peut vous contraindre à prendre parti ; au delà, vous pouvez
demander au juge de vous accorder un délai supplémentaire, que vous
devrez justifier.
Toutefois, comme toute acceptation, l'acceptation sous bénéfice
d'inventaire est irrévocable, vous ne pouvez plus renoncer à la
succession, mais vous pouvez abandonner les actifs aux créanciers
de la succession.
En revanche, vous pouvez renoncer au bénéfice d'inventaire et accepter
purement et simplement la succession.
L'acceptation bénéficiaire, si elle vous protège des mauvaises surprises,
est assez contraignante, elle suppose de nombreuses formalités,
et vous devez veiller à ne pas vous approprier des actifs successoraux
sous peine d'être déchu de votre bénéfice d'inventaire.
Qu'y
a-t-il dans la succession ?
Pour savoir si vous devez accepter ou renoncer à une succession,
vous devez connaître de quoi elle se compose. Tout va dépendre du
contrat de mariage du défunt.
La succession se compose de :
- l'actif propre du défunt,
- son passif propre,
- la valeur des donations simples faites par le défunt,
- sa part de communauté si le défunt était marié sous un régime
communautaire.
En France, si vous n'avez pas fait de contrat de mariage, vous êtes
mariés sous le régime légal. Ce régime est depuis 1965 le régime
de la communauté réduite aux acquêts.
Vous devez toutefois être attentif au régime matrimonial du défunt.En
effet, il est possible par le jeu de clauses du contrat de mariage,
de faire en sorte que l'actif commun soit intégralement attribué
au survivant.
Il est également possible, toujours par le jeu du régime matrimonial,
d'apporter la totalité de son patrimoine propre à la communauté.
La combinaison de ces deux clauses revient à attribuer l'intégralité
de l'actif du défunt (commun et propre) au survivant. Ce qui réduit
l'actif successoral à rien.
Ces clauses sont un moyen courant d'avantager le conjoint survivant.
Elles sont d'autant plus pratiquées qu'il n'existe pas d'enfants
d'un premier mariage et qu'il n'y a pas de descendant.
PREVOIR
LA REPARTITION DE VOS BIENS
Répartir
votre patrimoine
Pour préparer votre succession vous devez connaître ce qui vous est
possible de faire. Ainsi vous devez respecter la réserve héréditaire
et ne pas violer les règles concernant les enfants adultérins.
ATTENTION
A LA RESERVE
Qui sont les héritiers réservataires ?
Les héritiers réservataires sont les descendants et les ascendants.
Il s'agit des personnes que vous ne pouvez pas déshériter. Une fraction
de votre patrimoine, leur est réservée par la loi : la réserve. Toute
disposition contraire sera annulée.
La réserve doit être transmise libre de toute charge.
La seule possibilité qui vous est offerte est de réduire la part qui
doit leur revenir dans votre succession en disposant de la quotité
disponible en faveur d'un tiers. La quotité disponible est la fraction
de votre patrimoine que vous pouvez attribuer à la personne de votre
choix. Tous les autres successibles peuvent être déshérités intégralement.
Comment
se calcule la réserve héréditaire ?
- La réserve des descendants est déterminée par le code civil en fonction
du nombre de descendants vivants au jour du décès ou ayant laissé
des descendants.
Nombre d'enfants Réserve Quotité disponible
1 enfant 1/2 1/2
2 enfants 2/3 (soit 1/3 par enfant) 1/3
3 enfants 3/4 (soit 1/4 par enfant) 1/4
Au delà de 3 enfants 3/4 (soit 3/4 divisé par le nombre d'enfants)
1/4
Par exemple, si vous avez 5 enfants vous pouvez disposer librement
d'1/4 de vos biens, et vos enfants se répartiront entre eux la réserve
soit 3/20 chacun.
En présence d'enfants légitimes issus du mariage bafoué, la réserve
de l'enfant adultérin est de la 1/2 de ce qu'elle aurait été s'il
avait été légitime.
Par exemple, vous avez 1 enfant issu de votre mariage et un enfant
naturel né pendant ce mariage. L'enfant adultérin recevra 1/3 divisé
par 2 soit 1/6 et l'enfant légitime recevra 1/3 + 1/6
- La réserve des ascendants est également déterminée par le code civil.
Elle est d' 1/4 par ligne.
Nombre d'ascendants Réserve Quotité disponible
2 Parents (Père et Mère) 1/2 (soit 1/4 par Parent) 1/2
1 seul Parent 1/4 3/4
1seul Parent et desGrands-Parents dans l'autre ligne 1/2 (soit 1/4
par ligne) 1/2
Aucun ascendant 0 Tout
Par exemple si vous avez vos père et mère elle sera d'1/4 pour votre
père et d'1/4 pour votre mère.Mais si vous n'avez plus que votre père
et des grands-parents maternels, elle sera toujours d'1/4 par ligne
soit 1/4 pour votre père et 1/8 pour chacun de vos grands-parents.
Si vous n'avez plus votre mère ni aucun ascendant dans cette ligne,
la réserve sera donc d' 1/4 en faveur de votre père.
Sur
quoi se calcule la réserve héréditaire ?
Pour pouvoir calculer la réserve héréditaire, il convient de reconstituer
le patrimoine du défunt tel qu'il serait si aucune donation n'était
intervenue.
Il s'agit de l'actif du défunt moins son passif auquel on rajoute
fictivement, la valeur actuelle de tous les biens donnés par le défunt
au cours de son existence. Cette somme constitue la masse successorale
sur laquelle on calcule la réserve et la quotité disponible.
On appelle cette opération la reconstitution de la masse successorale,
elle n'a lieu qu'en présence d'héritiers réservataires.
La sanction de l'atteinte à la réserve est la réduction de la libéralité
pouvant aller jusqu'à son annulation si la quotité disponible est
déjà entièrement absorbée.
Comment
transmettre son patrimoine ?
Pour transmettre votre patrimoine, vous pouvez opter soit pour
un testament, soit pour une donation, soit pour un partage d'ascendant.
Transmettre
après votre décès
- Le testament est un acte unilatéral par lequel vous prévoyez, pour
le temps où vous n'y serez plus, la répartition de vos biens.
L'avantage du testament est que vous ne vous dépouillez pas de votre
vivant et qu'il est toujours révocable. Toutefois, si les legs prévus
par votre testament excèdent la quotité disponible, ils seront réduits.
Par
exemple : Vous avez 2 enfants, votre actif successoral s'élève à 150
et vous faites un legs à un tiers de 100. La réserve en l'espèce est
de 100, le legs sera réduit à la Quotité Disponible soit à 50.
Transmettre de votre vivant : les donations
-
La donation est un contrat par lequel le donateur se dépouille de
son vivant, à titre définitif, d'un bien au profit d'une personne
de son choix. Toute donation est irrévocable dès lors qu'elle est
acceptée par le donataire.
Les donations simples faites à un héritier sont soumises au rapport
successoral c'est-à-dire qu'elles sont réunies fictivement à la succession
et réévaluées au jour du partage. Seuls les cohéritiers y sont tenus
et peuvent l'exiger.
Si après reconstitution de la masse successorale, les donations portent
atteinte à la réserve elles sont soumises à la réduction.
L'avantage de la donation est qu'elle permet de transmettre vos biens
au moments où vos héritiers en ont besoin. Mais son problème principal,
c'est que l'évaluation des biens donnés se fait au moment du décès
et non au jour de la donation. Ce qui risque de contraindre les bénéficiaires
à verser une indemnité aux autres héritiers pour conserver le bien.
Le choix de la sécurité
- La donation-partage : la dernière façon d'organiser la répartition
de votre succession est de procéder à un partage d'ascendant ou donation-partage.
Cette option ne vous est ouverte que si vous avez au moins deux enfants.
La donation-partage est un acte par lequel une personne répartit ses
biens de son vivant entre tous ses présomptifs héritiers (y compris
les enfants adultérins).
L'avantage de la donation-partage, c'est que si tous vos héritiers
y participent, l'évaluation des biens donnés se fait au jour de la
donation, et elle ne peut plus être réévaluée.
Ainsi à votre décès, seuls seront partagés les biens non compris dans
la donation-partage. C'est sans doute le moyen le plus sur de transmettre
votre patrimoine. Vous devrez toutefois, veiller à ne pas vous dépouiller
complètement afin d'assurer vos vieux jours.
Dans le cadre d'une donation-partage, il vous appartient de composer
les lots (allotir) revenant à vos héritiers.
Vous pouvez soit composer des lots égaux, soit avantager l'un de vos
enfants tout en veillant à ne pas entamer la part des réservataires.
Les donations que vous avez déjà faites à vos enfants peuvent être
incorporées à la donation-partage y compris les dons manuels.
L'avantage est double : assurer l'égalité entre vos enfants et faire
en sorte que les donations consenties ne soient pas réévaluées à votre
décès.
Quel
type de donation choisir ?
Vous avez choisi de transmettre par donation, vous pouvez :
Donner en avance sur l'héritage
- La donation en avancement d'hoirie (héritage) est une donation en
avance sur ce que l'héritier recevra au décès du donataire. Elle s'imputera
sur sa part de réserve.
Elle est rapportable à la succession. C'est à dire qu'au jour du décès
du donataire elle est réévaluée et réintégrée fictivement à l'actif
successoral. Elle ne constitue donc qu'une avance sur l'héritage.
Avantager
- La donation préciputaire est faite pour avantager un héritier ou
un tiers. Ainsi, si cette donation est faite à un héritier, ce dernier
la reçoit en plus de sa part de réserve, il s'agit donc d'un moyen
d'avantager cet héritier.
Elle s'impute sur la quotité disponible, si elle la dépasse, elle
sera réduite. Le bénéficiaire de la donation devra donc, soit en restituer
une partie, soit indemniser les héritiers.
Pour savoir si elle dépasse la quotité disponible, la donation est
réévaluée au jour du décès, selon l'état du bien donné au jour de
la donation.
Le principal problème posé par les donations, tant en ce qui concerne
le calcul du rapport que celui de la réduction, c'est qu'elles sont
réévaluées au jour du décès et non au jour de la donation. Or, si
cette donation a été faites 20 ans plus tôt, il n'est pas rare que
le bénéficiaire doivent indemniser ses cohéritiers ou leur rendre
une partie du bien donné. Pour y remédier il suffit de recourir à
une donation-partage.
Comment réduit-on les libéralités ?
Tout va dépendre de la libéralité. En effet les legs sont réduits
par priorité puis les donations en partant de la plus récente pour
remonter à la plus ancienne jusqu'à ce que la réserve soit reconstituée.
La réduction des legs s'opère au marc le franc, c'est-à-dire proportionnellement
à moins que le testateur en ait décidé autrement.
Suis-je obligé de recourir à un notaire
?
a)
Oui, si vous optez pour une donation ou pour les testaments authentique
et mystique.
En effet la donation pour être valable doit être passée par un acte
authentique. Or seul le notaire est habilité à recevoir votre consentement
à ce type d'acte.
Il en va de même pour le testament authentique et le testament mystique.
Le testament authentique est recueilli par deux notaires, ou un notaire
et deux témoins.
Le testament mystique est un testament déposé chez le notaire devant
deux témoins, le document doit être clos cacheté et scellé et le testateur
indiquera que le contenu de ce papier est son testament. Il doit préciser
le mode d'écriture employé et le notaire en dresse un Procès verbal,
qui est signé par le notaire le testateur et les témoins. Il est très
contraignant.
b)
Non, si vous optez pour un testament olographe.
Pour être valable, le testament olographe doit être entièrement rédigé,
daté et signé de la main du testateur.
La date doit être exacte, et comporter le jour, le mois et l'année.
Ne surtout pas utiliser de machine à écrire ou d'ordinateur, de tels
testaments ne pouvant qu'être annulés par le tribunal, pour non-respect
des conditions de validité impératives prévues par le code civil.
(art 970)
Les formalités de la succession testamentaire
Si vous êtes bénéficiaire d'un testament avant d'entrer en possession
de votre legs vous devrez accomplir un certain nombre de formalités.
-
La délivrance
En effet en votre qualité de légataire, vous ne pouvez pas forcement
appréhender les biens qui vous ont été légués. Vous devez en demander
la délivrance aux héritiers ab intestat ou au légataire universel.Si
vous êtes bénéficiaire d'un legs particulier ou à titre universel
vous êtes toujours tenu d'en demander la délivrance.En l'absence d'héritier
réservataire, le légataire universel peut appréhender les biens successoraux.
- L'envoi en possession
Toutefois si son legs est contenu dans un testament olographe,
le légataire doit auparavant se faire envoyer en possession. Il s'agit
de faire vérifier son titre en le présentant au juge qui s'assure
que les conditions exigées par le code civil sont remplies, et qu'il
ne porte pas atteinte à la réserve héréditaire. Cette formalité s'appelle
l'envoi en possession, elle s'accomplit devant le Tribunal de Grande
Instance donc avec l'aide d'un avocat. S'il s'agit d'un autre type
de testament l'envoi en possession n'est pas nécessaire.
- Il existe trois types de legs :
- Le legs universel : le légataire a vocation à recueillir l'intégralité
du patrimoine actif et passif. Les légataires universels peuvent être
plusieurs, dans ce cas, la renonciation de l'un accroît la part de
l'autre.
-
Le legs à titre universel :
le légataire a vocation à recueillir une quote-part de votre patrimoine
(tous les meubles, tous les immeubles, une fraction de vos biens...).
Le legs à titre universel n'a pas vocation à s'accroître en cas de
renonciation d'un co-légataire. Cette renonciation bénéficie aux héritiers
ab intestat.
- Le legs particulier :
le légataire a vocation à recevoir un bien déterminé. Là encore la
renonciation d'un légataire n'accroît pas la part des autres.
Mon
père m'a fait une donation de son vivant, que se passe-t-il à son
décès ?
Tout va dépendre du type de donation qui vous a été consentie
(2 cas) :
- La donation en avancement d'hoirie est une donation faite en avance
sur ce qu'on doit recevoir dans la succession du donateur.
Elle s'impute par priorité sur la réserve héréditaire. On dit qu'elle
est rapportable à la succession. C'est à dire que pour constituer
les parts des héritiers, on prendra en considération la valeur au
jour du partage des donations reçues. Seuls les cohéritiers sont tenus
au rapport et peuvent l'exiger.
Ainsi vous avez bénéficié d'une donation de 100 par votre père. A
son décès, son patrimoine s'élève à 200 et vous avez un frère. La
masse successorale est de 300, la réserve héréditaire est de 100 par
enfant et la QD de 100.
Votre frère prendra 150 dans l'actif successoral et vous même vous
prendrez 50, comme vous avez déjà reçu 100 par donation, chacun des
enfants recevra une part égale.Même situation familiale, mais l'actif
au décès de votre père est de 74. La masse successorale est de 174.
La réserve de chaque enfant est de 58, et la QD est de 58.
Vous avez reçu 100 soit votre part de réserve (58) plus une partie
de la QD (42), votre frère prendra donc l'intégralité de l'actif successoral
(74) et vous ne recevrez rien au décès de votre père.
-
La donation préciputaire quant à elle,
permet d'avantager celui qui en bénéficie, tiers ou successible. Si
le gratifié est un héritier réservataire, en plus de la donation,
il lui restera toujours à recevoir sa réserve. En effet la donation
s'impute sur la QD, si elle l'excède, elle sera réduite.
Ainsi, vous êtes deux enfants et vous seul avez reçu une donation
préciputaire de 100. Au décès de votre père l'actif successoral s'élève
à 200. La masse successorale est de 300. La réserve est de 100 par
enfant, et la quotité disponible de 100.
La quotité disponible est absorbée par la donation préciputaire. Dans
l'actif successoral vous prendrez votre part de réserve comme votre
frère. Vous aurez donc reçu 200 dans le patrimoine paternel, et votre
frère prendra 100.
Si la donation, que vous aviez reçue, avait été évaluée à 250 au jour
du décès et que le patrimoine de votre père s'élevait à 50. Là encore
la masse successorale aurait été de 300, la réserve de 100 par enfant
et la QD de 100. Ayant reçu 250, vous devez donc verser une indemnité
de 50 à votre frère pour lui reconstituer sa réserve.
Protéger
votre conjoint
Ce qu'il faut savoir
Votre conjoint, si vous n'avez rien prévu pour le protéger n'aura
quasiment rien dans votre succession. En effet ses droits dans la
succession légale sont très restreints.
Pour
mémoire :
le
défunt laisse pour lui succéder :
le conjoint survivant reçoit :
des descendants (enfants, petits enfants) le 1/4 EN USUFRUIT
des frères et sœurs (et leurs descendants)des ascendants des deux
côtés (paternel et maternel) la 1/2 EN USUFRUIT
des ascendants d'un seul côté (paternel ou maternel) la 1/2
en PLEINE PROPRIETE
des collatéraux ordinaires (oncles tantes cousins éloignés) la
TOTALITE de la succession
Il vous appartient alors, si vous souhaitez le protéger, de prendre
vos dispositions, soit par testament ou donation, soit en adaptant
votre régime matrimonial.L'usufruit est la vocation à jouir d'un
bien (usus) et le droit d'en recueillir les revenus (fructus) Ainsi
si l'usufruit porte sur une maison vous pouvez l'habiter ou la louer.
L'usufruit prend fin au décès de l'usufruitier.La nue-propriété
donne seulement le droit de disposer (abusus) de la chose sans troubler
la jouissance de l'usufruitier. Si elle porte sur un immeuble il
doit payer les grosses réparations, les frais d'entretien sont à
la charge de l'usufruitier.Au décès de l'usufruitier le nu-propriétaire
recouvre la pleine propriété du bien en exonération des droits de
succession.
Quelles
dispositions puis-je prendre pour protéger mon conjoint ?
Si le conjoint survivant n'est pas un héritier réservataire, il
est par contre possible de le favoriser davantage que toute autre
personne. Il existe en effet en sa faveur une quotité disponible
spéciale qui vous permet de lui laisser plus que ce que vous ne
pourriez faire pour un tiers. Vous pouvez en présence de descendants,
lui laisser
Soit la pleine propriété de la quotité disponible ordinaire (ce
que vous pouvez laisser à un tiers).
Soit 1/4 de vos biens en pleine propriété et 3/4 en usufruit
Soit la totalité de vos biens en usufruit.
Le choix vous appartient, toutefois vous pouvez laisser l'exercice
de ce choix à votre conjoint.
En présence d'ascendants qui sont également des héritiers réservataires
vous pouvez lui laisser l'intégralité de vos biens à l'exclusion
de l'usufruit d'1/4 par branche ascendante.
Dans tous les autres cas vous pouvez lui laisser l'intégralité de
votre patrimoine.
Comment
dois-je procéder
pour gratifier mon conjoint ?
Vous avez la possibilité de le faire soit par donation, soit par
testament ou en changeant votre régime matrimonial.
- La donation est un acte juridique authentique
c'est à dire passé devant notaire.
Vous pouvez le faire en même temps que votre conjoint, il s'agit
alors de ce qu'on appelle "les donations au dernier vivant",
elles se présentent sous la forme de deux actes distincts.
Vous pouvez le faire également de manière unilatérale.
La donation entre époux étant toujours librement révocable, vous
pouvez toujours
changer d'avis sans même en informer votre conjoint, et ce, même
si la donation a été faite le même jour devant le même notaire.
Ce dernier astreint au secret professionnel n'a pas le droit d'en
informer votre conjoint
- Vous pouvez également prendre ces dispositions par testament,
il faudra alors que le testament respecte les formes prescrite par
le code civil.
Il sera alors impératif que votre testament et celui de votre conjoint
soit distincts (deux documents différents), et ne fasse aucune référence
au testament établi par l'autre époux. Le code civil prohibant les
testaments conjonctifs.
Vous avez aussi la possibilité de recourir au changement de régime
matrimonial.
En effet en adoptant un régime de communauté universelle avec attribution
intégrale au survivant vous lui transmettez hors droits de succession
votre moitié de la communauté universelle, l'autre moitié lui revenant
de droit.
La communauté universelle se compose de l'intégralité de votre patrimoine
propre, et des biens acquis pendant le mariage.
Il s'agit du moyen le plus onéreux mais le plus efficace pour protéger
votre conjoint. Toutefois cette solution n'est à adopter qu'en fin
de vie, quand toute éventualité de divorce est exclue et que vous
n'exercez plus d'activité professionnelle.
Si vous décidez d'opter pour cette solution, vous devrez faire établir
un nouveau contrat de mariage par un notaire, puis le faire homologuer
par le juge. Pour cela vous devrez obligatoirement vous adresser
à un avocat.
Protéger
votre concubin(e) / pacsé(e)
Si vous ne souhaitez pas ou ne pouvez pas vous marier, et que vous
souhaitez protéger la personne avec laquelle vous vivez vous devez
impérativement organiser votre succession.
Quels sont les droits
de votre concubin(e) / pacsé(e) ?
Pour le concubin :
Selon le code civil deux personnes vivant ensemble sans être mariées
sont des étrangères l'une pour l'autre d'un point de vue successoral
et fiscal. Aussi il est impératif de régler le problème de la répartition
de votre patrimoine de votre vivant.Si vous souhaitez que votre
concubin reçoive votre patrimoine à votre décès, vous devrez établir
un testament en sa faveur.
Pour le pacs :
Attention le PACS ne crée pas de droits héréditaires entre partenaires.C'est
à dire que le Pacs ne fait pas de votre partenaire votre héritier.
Seule une manifestation expresse de volonté peut lui donner des
droits sur votre patrimoine (testament).Le seul avantage que vous
confère le Pacs est de diminuer le montant des droits de mutation.Vous
devrez donc, même si vous êtes pacsés, établir un testament en faveur
de votre partenaire pour lui transmettre vos biens, ou lui faire
une donation de votre vivant. Cette dernière possibilité n'est offerte
aux Pacsés que si le PACS est conclu depuis plus de 2 ans.
Dans tous les cas :
Comme pour toute personne que vous souhaitez gratifier vous devez
faire attention aux héritiers réservataires (descendants et parents).
S'il existe des héritiers réservataires vous ne pourrez pas transmettre
l'intégralité de votre patrimoine à votre compagne. Vous ne pourrez
que lui léguer la quotité disponible normale.En l'absence d'héritiers
réservataires vous pourrez lui léguer l'intégralité de votre patrimoine.
Comment protéger votre concubin(e)
du fisc
- La taxation des dons et
legs entre concubins
Le principal problème rencontré par les concubins pour la transmission
de leur patrimoine est fiscal puisque les biens transmis sont taxés
à 60% après un abattement de 10 000F.Votre situation sera fiscalement
plus intéressante si vous êtes pacsés, puisque vous bénéficierez
alors des abattements propres aux partenaires d'un PACS (PActe Civil
de Solidarité)..
Comment
transmettre le logement
C'est au moment de son acquisition qu'il convient d'y penser,
la fiscalité de la transmission en dépend.
- Pour un logement d'une valeur de moins de 500 000 F au décès :
La tontine est une clause figurant dans l'acte d'acquisition qui
prévoit qu'au décès du premier des acquéreurs, la propriété du bien
revient intégralement à l'autre.Il s'agit d'une fiction juridique,
le bien est réputé ne jamais avoir appartenu au défunt. Celui qui
recueille le bien n'est tenu que de droits de mutation à titre onéreux
au taux de 4,80 %.Si le plafond de 500 000F est dépassé, le taux
des droits de successions entre non parents s'applique soit 60%.
- Pour les autres biens immobiliers
:
Selon la nature du bien (acquisition commune ou bien propre
à un concubin) il est possible de recourir à d'autres techniques
juridiques : la donation ou le démembrement croisé de parts de SCI.
Fiscalité
des successions
Il faut tout d'abord comprendre que les règles civiles et fiscales
sont complètement indépendantes.Le principe c'est d'abord un abattement
qui varie en fonction du degré de parenté avec le défunt, puis un
barème progressif par tranche ou à taux unique. Comme le barème,
le taux est fonction du lien de parenté avec le de cujus.
Qui
est tenu de régler les droits de successions ?
Chaque héritier est tenu de régler les droits de successions en
fonction de la part nette qu'il reçoit. Ainsi le montant des droits
peut être différent pour chaque héritier : Il faut tenir compte
des sommes nettes reçues et du lien unissant l'héritier et le défunt.
ATTENTION A LA SOLIDARITE FISCALE
Tous les héritiers sont tenus solidairement de la totalité des droits
de successions. Ce qui signifie que le fisc peut réclamer l'intégralité
de la dette fiscale à un seul héritier sans qu'il soit possible
pour lui de s'y opposer. La "victime" n'aura qu'une solution,
celle de régler cette dette et de se retourner ensuite contre les
cohéritiers défaillants. Il convient toutefois de savoir que l'administration
n'a recours à cette procédure qu'en dernier ressort.
La déclaration de succession
Elle est obligatoire, et doit être souscrite dans les 6 mois
du décès (1 an pour les décès à l'étranger) auprès de la recette
des impôts du domicile du défunt. La seule dérogation concerne les
successions en ligne directe ou entre époux dont l'actif brut est
inférieur à 10.000F.Elle doit contenir : L'identité complète du
défunt, de ses héritiers et des légataires. S'il y a lieu, les dispositions
testamentaires, le contrat de mariage, et les donations y compris
celles antérieures de plus de 10 ans. L'évaluation des biens recueillis
et du passif de la succession. En cas de pluralité d'héritiers,
un seul peut la souscrire, tous les autres sont alors engagés. Oublier
de souscrire la déclaration entraîne le paiement de pénalités auxquelles
tous les héritiers sont tenus.
Quel
est le montant des droits de successions ?
Pour chaque héritier il faut procéder aux opérations suivantes :
1
- Calculer ce qui lui revient
2 - Déduire l'abattement auquel il a droit ce qui donne la part
nette taxable
3 - Appliquer la formule lui correspondant selon les tableaux ci-dessous
Attention pour calculer la part nette taxable vous devrez prendre
en compte les éventuelles donations de moins de 10 ans.
- Barème entre descendants et ascendants
.abattement de 300.000F entre parent et enfant (par enfant vivant
ou représenté)
.abattement de 10.000F dans les autres cas Part nette taxable
Taux Montant des droits
Moins de 50.000F 5% Part x 0,05
Entre 50.000F et 75.000F 10% Part x 0,10 - 2.500F
Entre 75.000F et 100.000F 15% Part x 0,15 - 6.250F
Entre 100.000F et 3.400.000F 20% Part x 0,20 - 11.250F
Entre 3.400.000F et 5.600.000F 30% Part x 0,30 - 351.250F
Entre 5.600.000F et 11.200.000F 35% Part x 0,35 - 631.250F
Plus de 11.200.000F 40% Part x 0,40 - 1.191.250F -
Barème
entre frères et sœurs
Abattement de 10.000F en général Part nette taxable
Taux Montant des droits
Moins de 150.000F 35% Part x 0,35
Plus 150.000F 45% Part x 0,45 - 15.000F
- Barème entre autres parents
Abattement de 10.000F Part nette taxable
Taux Montant des droits
Parent jusqu'au 4ème degré 55% Part x 0,55
Au-delà du 4ème degré 60% Part x 0,6
-
Barème entre conjoints
Abattement de 400.000F pour les successions ouvertes avant le 31
décembre 1999
Abattement de 500.000F pour les successions ouvertes depuis le 1er
janvier 2000
Part nette taxable
Taux Montant des droits
Moins de 50.000F 5% Part x 0,05
Entre 50.000Fet 100.000F 10% Part x 0,10 - 2.500F
Entre 100.000F et 200.000F 15% Part x 0,15 - 7.500F
Entre 200.000F et 3.400.000F 20% Part x 0,20 - 17.500F
Entre 3.400.000F et 5.600.000F 30% Part x 0,30 - 357.500F
Entre 5.600.000F et 11.200.000F 35% Part x 0,35 - 637.500F
Plus de 11.200.000F 40% Part x 0,40 - 1.197.500F
-
Barème entre "pacsés"
Abattement de 300.000F pour les successions ouvertes avant le 31
décembre 1999
Abattement de 375.000F pour les successions ouvertes depuis le 1er
janvier 2000
Part nette taxable
Taux Montant des droits
Moins de 100.000F 40% Part x 0,40
Plus 100.000F 50% Part x 0,50 - 10.000F
Comment
évaluer les biens recueillis ?
L'évaluation de l'actif successoral, comme du passif successoral,
est faite par les héritiers. La tentation est donc grande de sous
estimer les biens reçus afin de payer moins de droits.
ATTENTION AUX PLUS VALUES ET AUX PENALITES FISCALES
Il faut savoir que c'est la valeur déclarée qui sera prise en compte
au moment de la revente des biens pour calculer les plus-values.
Il n'est donc pas forcément intéressant de minorer la valeur de
ces biens.
De plus le fisc contrôle les déclarations : il a 3 ans pour contester
une évaluation et 10 ans pour réintégrer un bien qui a été omis.
Bien sûr en plus du supplément de droits, il vous en coûtera des
pénalités.
Il est possible de faire des déclarations rectificatives pour tenir
compte d'actifs apparus après la 1ère déclaration.
L'ACTIF
- Les immeubles doivent être évalués à leur valeur vénale.
Pour cela on peut comparer avec des ventes récentes de biens similaires.
Si le bien est loué, il est possible de l'évaluer en fonction de
son rapport locatif qui correspond à environ 5% de sa valeur. Si
le bien a fait l'objet d'une adjudication dans les deux ans avant
ou après le décès c'est cette valeur qu'il faut déclarer.
Il est possible de minorer de 20% la résidence principale (et elle
seule) occupée par le défunt et le conjoint ou ses enfants.
-
Les meubles :
il faut distinguer les meubles meublants, les bijoux et objets de
valeurs et les valeurs mobilières.
Si les meubles meublants sont vendus dans les deux ans du décès,
il faut déclarer le produit de la vente.
A défaut, il faudra déclarer la valeur retenue dans l'inventaire
notarié réalisé dans les 5 ans du décès ou prendre une estimation
représentant au moins 5% de l'actif brut successoral.
Attention les bijoux, objets d'art ou les antiquités ne rentrent
pas dans le forfait de 5%, et doivent être déclarés en plus.
Il est utile de savoir que les compagnies d'assurance ont l'obligation
d'avertir le fisc lorsque le montant assuré dépasse 100.000 F. .
Les valeurs mobilières quelles qu'elles soient (hors assurance vie),
doivent être déclarées dans leur intégralité. Si le défunt était
marié sous un régime de communauté la plupart des biens sont communs.
Seule la moitié de la valeur des biens communs sera soumise aux
droits de succession.
- Ne pas oublier l'usufruit du conjointLe conjoint survivant bénéficie
le plus souvent de droits en usufruit sur les biens de son conjoint
défunt.
Bien sûr cet usufruit doit être évalué pour connaître le montant
de la part taxable revenant à l'usufruitier et celle revenant aux
nus-propriétaires afin de savoir à combien s'élèvent les droits
de successions que chaque héritier devra verser.
Cette évaluation se fait selon le barème fiscal qui est différent
de la valeur économique réelle de cet usufruit. Age de l'usufruitier
au jour du démembrement Valeur de l'usufruit Valeur de la nue
-
propriété
Moins de 20 ans 70% 30%
De 20 à 29 ans 60% 40%
De 30 à 39 ans 50% 50%
De 40 à 49 ans 40% 60%
De 50 à 59 ans 30% 70%
De 60 à 69 ans 20% 80% 70 ans et plus 10% 90%
Au jour de la réunion de l'usufruit et de la nue propriété, le nu-propriétaire
n'aura aucun droit à verser de nouveau.
LE
PASSIF
Le passif
du défunt doit être déduit de l'actif successoral, ce qui diminue
la fraction taxable. Cependant le fisc n'admet pas la déduction
de toutes les dettes sans conditions.
-
Ce qui est déductible
Le passif existant au jour du décès à la condition que le principe
de la dette soit certain. Il ne vous est pas possible de déduire
des dettes contestées par le défunt ou vous-même. De même, les dettes
échues depuis plus de trois mois sont présumées éteintes, sauf si
vous en rapportez la preuve contraire.
Les
frais funéraires dans la limite de 6000 F (alors que l'intégralité
de ces frais sont déductibles civilement). Les
Impôts non encore acquittés par le défunt au moment de son décès.
-
Les emprunts
En cas d'emprunt en cours, vous pouvez déduire le capital restant
dû, les intérêts échus et non payé et les intérêts courus.
En revanche si l'emprunt est pris en charge par une assurance décès,
il n'est pas possible de déduire cette dette. Le fisc la considère
comme éteinte, puisque réglée par l'assurance.De même, si le défunt
a contracté un emprunt auprès d'un de ses enfants cette dette n'est
pas déductible car le fisc la présume fictive. Pour faire échec
à cette présomption, il faudra prouver que le prêt est sincère (un
écrit avec date certaine + une remise des fonds).
Avertissement
Non-responsabilité Les
documents qui vous sont présentés ici sont destinés à votre information.
Ils ne constituent pas une consultation juridique, et ne sauraient
en aucun cas engager la responsabilité de leurs auteurs, ni de euroantic
ni de l'hébergeur, ni d'aucun de nos providers.
Avant toute action pouvant entraîner des conséquences importantes,
nous vous conseillons en toute hypothèse, et malgré la qualité des
informations que nous mettons à votre disposition, de vous adresser
pour confirmation à un professionnel dont les conseils sont couverts
par une assurance adaptée.
Malgré nos efforts pour vous présenter de manière simple et intuitive
un droit très complexe, il se peut que vous ne parveniez pas à trouver
la réponse à vos questions, ou que certaines réponses vous paraissent
obscures. N'hésitez pas à faire appel, à un professionnel du barreau
(avocat)
|